mercredi 12 octobre 2016

Du foyer des jeunes de Trégunc
à la Maison des Jeunes et de la Culture

Ils s’appelaient Bernard, Daniel, Jacques, Jean-Yves, José, Pierre et les autres… En 1965, ils avaient moins de vingt ans et désiraient créer un lien social entre jeunes à Trégunc.

Bien sûr, il y avait les deux équipes de foot : Trégunc-Sport et les Lions de Saint-Marc, avec l’entraînement du jeudi après-midi et les matchs du dimanche, l’école de voiles de Pouldohan créée en 1960. Il y a aussi le patronage pour les moins jeunes mais encadrés par les prêtres et les adultes. Cette jeunesse tréguncoise souhaitait avoir ses propres activités culturelles, sociales, être autonome en fait. Les adultes avaient plusieurs associations et fréquentaient une cinquantaine de bistrots dans la commune (il en reste une dizaine en 2015). Pour créer leur propre foyer, les jeunes se sont rassemblés dans le local de l’école (aujourd’hui la Résidence Pont Ar Groez) au-dessus de la cantine, l’ancien dortoir de l’école publique des garçons de la rue de Concarneau.

Création du Foyer des jeunes de Trégunc en 1965

C’est ainsi qu’à la rentrée scolaire de septembre 1965, une cinquantaine de garçons et de filles créent des activités nouvelles au sein de l’Amicale laïque de Trégunc. La première assemblée générale a lieu en septembre 1967, les statuts sont déposés à la préfecture de Quimper, Maurice Tanguy est élu président du foyer des jeunes. Le foyer est géré par les jeunes et devient autonome par rapport à l’Amicale laïque.

A la création du foyer des jeunes de Trégunc en septembre 1967,
on reconnait Yves Brunou, Michel Kerlan, Bernard Sellin, Jacky Déréat,
José Sancéo, Albert Ollivier, Maurice Tanguy, Michel Naviner,
Maryse Guillou, Arsène Le Gac, Bernard Péron


Les activités du foyer des Jeunes

Après une période de rodage de deux ans, les activités se développent. En 1968, cinq films sont projetés au ciné-club d’été. Le tennis de table est animé par José Sancéo l’équipe débute dans le championnat de 3e division. L’atelier photo est encadré par Daniel Kerlan et ensuite par Michel Kerlan. Le développement des photos noir et blanc se fait en chambre noire dans un bac de révélateur et ensuite dans un bac de fixateur.
Les 600 volumes appartenant à la bibliothèque de l’Amicale laïque et un téléviseur noir et blanc avec les 2 chaînes existantes à cette époque sont mis à la disposition des adhérents. La télévision n’était pas encore accessible dans la plupart des maisons de Trégunc. Un bar avec des boissons non alcoolisées est proposé aux adhérents.
Une exposition photo est présentée au public, suite à un stage de ski effectué par un adhérent à l’UCPA de Valloire (Savoie). D’autres activités culturelles et sportives sont également proposées comme la possibilité de faire de la voile au Centre Nautique de Pouldohan.
Le foyer est ouvert tous les jours de 18 heures à minuit. Deux bals sont organisés par les jeunes, assurant ainsi une trésorerie pour leurs activités, l'un dans la salle Drouglazet et l'autre dans la salle Cras à Saint-Philibert. Les bals étaient animés par l’orchestre les Jerrys de Concarneau.

L’équipe de tennis de table du foyer des jeunes en 1968 :
1er rang : José Sancéo, Jean-Yves Goarant.
2e rang : Yves Déréat, Alain Quideleur, Michel Kerlan


Un débat sur la laïcité en 1968

En avril 1968, peu avant les évènements de mai 68, un débat sur le thème de la laïcité est organisé dans la salle Drouglazet (chez Gasche) rue de Saint-Philibert par Bernard Sellin, adhérent et étudiant à Brest. A la demande des jeunes de ce foyer,  Jean Lozac’h accepte de présider et de diriger les débats sur le thème de la laïcité. Plus de 200 personnes assistent à cette réunion, avec plusieurs conférenciers départementaux.
Après les exposés des orateurs, définissant leur conception de la laïcité, un débat passionnant s’engage avec une question au cœur du sujet par le recteur de la paroisse de Trégunc, Jean-François Loaec : Pouvez-vous préciser la différence entre laïcisme et laïcité ?
Alain Le Dilosquer, représentant du PSU (Parti socialiste unifié), répond à cette question : Le laïcisme est à la laïcité ce que le cléricalisme est à la religion.
Ce débat fera date à Trégunc, de par sa tenue, et de plus organisé par des jeunes qui n’avaient pas encore la majorité civile, la majorité a été abaissée de 21 à 18 ans sous la présidence de Giscard d’Estaing en 1974.
Un tel moment a contribué à donner ses lettres de noblesse au Foyer des jeunes, précise Jean Lozac’h. Le sujet est encore d’actualité aujourd’hui.

Maurice Tanguy, Daniel Kerlan et Paul Goalabré


Un mille-clubs de jeunes pour Trégunc

Dans le cadre de l’opération nationale mille-clubs de Jeunes, la commune de Trégunc est sélectionnée par le Ministère de la Jeunesse et des Sports. La municipalité reçoit donc en pièces détachées un bâtiment standardisé en bois, prêt à être monté. Les travaux débutent le 1er août 1970 sur le terrain communal, près du nouveau terrain de sport municipal, à l’emplacement du bâtiment périscolaire actuel, sur l’esplanade Florestine Jeannès. Épaulé par les services techniques de la commune, Jean-Yves Herlédan, jeune adhérent du foyer, constitue une équipe de jeunes monteurs de l’association pendant ses congés annuels.
Le maire Auguste Picart et la municipalité de Trégunc apportent un soutien financier et technique nécessaire à cette opération. Le bâtiment est conçu pour recevoir trois ateliers : un labo photo, une bibliothèque, une grande salle de loisirs avec télé, un bar garni de boissons sans alcool et une table de ping-pong réglementaire permettant d’effectuer des compétitions officielles.
Ce foyer devient municipal et est ouvert à tous les jeunes de la commune. C’est en somme la MJC qui vient de naître. Le 15 septembre 1970, le montage est achevé, l’aménagement des locaux se poursuit jusqu’à la fin de l’année. Bernard Leroy devient président du club de jeunes, Daniel Kerlan lui succède en 1971.

L’équipe de montage du mille clubs des jeunes
autour de Jean-Yves Herlédan, Jacky Déréat et José Sancéo


Un animateur pour le club des jeunes

Les activités dispensées sont de plus en plus importantes ; en septembre 1971, un poste permanent est créé, Armel Jaffré est nommé animateur par le Service départemental de la jeunesse et des sports. Une carte est désormais nécessaire pour accéder au foyer pour les jeunes de 15 ans à 25 ans.
La section tennis de table, avec 12 licenciés, obtient de bons résultats, elle accède à la 2e division du championnat du Finistère. Le vendredi 22 juin 1972, le club des jeunes organise une soirée avec notamment le récital de Gilles Servat, au centre de vacances PTT à Pouldohan.
Jusqu’en 1980, le club des jeunes fonctionne avec des activités sportives et culturelles, une section de handball est également créée. Gaby Cariou sera le dernier animateur car, n’ayant pas été remplacé, le club des jeunes périclite et cesse ses activités en novembre 1980.

La Maison des Jeunes et de la Culture

Le permis de construire de la nouvelle salle des fêtes est déposé en 1988 et, en avril 1990, celle-ci deviendra le Sterenn, avec la MJC actuelle.
Cinquante ans plus tard, la MJC est devenue un lieu incontournable pour les jeunes de la commune et des communes environnantes. En 2014, il y avait près de 1400 adhérents, dont plus de la moitié habite à Trégunc. Un choix important d’activités est proposé aux jeunes et aux moins jeunes dans les domaines de la culture, des sports et des loisirs.
En 2015, Catherine Legrand et son équipe animent la MJC sous la présidence de Marie-Pierre Lemarchand. Plusieurs jeunes de 1966 ont intégré cette maison des jeunes, désormais la maison de tous les âges puisque certaines activités ont été élargies aux seniors.
Depuis 1999, des conventions de partenariat ont été signées avec la municipalité afin de pérenniser les actions culturelles et sportives. La dernière convention signée en 2015 a été renouvelée pour quatre années.


Maurice Tanguy

Sources et photos : presse locale, Ouest-France et Le Télégramme de Brest

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