vendredi 30 décembre 2016

Arthur Le Beux, un ami du patrimoine

Arthur Le Beux est né à Trégunc le 27 septembre 1872 et décédé à Trégunc le 4 novembre 1947. Il était le fils de Louis Le Beux, 31 ans, menuisier et de Marie Guillemette Benard, 28 ans.

L’acte précise qu’il était ecclésiastique, sur ses actes de naissance et de décès il est nommé Louis François Joseph Arthur Le Beux. Cependant il s’est toujours fait appeler Arthur, son quatrième prénom. Arthur est le prénom visible sur sa tombe. Prêtre en 1898, il est nommé vicaire à Fouesnant puis à Guipavas. Lors de la Première Guerre mondiale, il est mobilisé à Belfort comme infirmier. Il a ensuite été recteur de Pluguffan. Les Archives diocésaines de Quimper conservent ses nombreux écrits (des cahiers d’écolier manuscrits) sur Trégunc, de l’origine de cette commune jusqu’au début du XXe siècle : la vie des Tréguncois, la généalogie des nobles, des descriptions de manoirs, édifices religieux, monuments et des anecdotes.
Il n’était ni historien ni généalogiste, mais ses textes constituent une source importante d’informations exploitables. Il était membre de la Société archéologique du Finistère qui profita de ses recherches.
C’était avant tout un conteur qui interprétait d’une façon personnelle toutes ses connaissances. Il avait sans doute son franc-parler comme en témoignent quelques-unes de ses transcriptions,  leur donnant une certaine saveur.
Un exemple d’appréciation très personnelle concernant le monument aux morts de Trégunc : monument aux morts de la guerre 1914-1918. Il a été fait par M. Henri Le Beux, dessin et construction. Il n’a guère de cachet, mais on ne pouvait guère espérer de mieux d’une municipalité rouge.
Cette base de données que constituent ses écrits, malgré ses erreurs, ses approximations, ses commentaires, mériterait d’être étudiée.
Certains faits sont probablement oubliés ou ignorés aujourd'hui, ainsi concernant Joseph Marie Prouhet, maire de Trégunc de 1878 à 1887 : il mourut d’une attaque d’apoplexie, sur la place du bourg au chevet de l’église ; il venait de la Mairie où il avait dû s’occuper de la liste des électeurs aidé de ses deux secrétaires et du secrétaire de la Mairie. Sur l’acte de décès, il est indiqué que Joseph Marie Prouhet est décédé à son domicile à trois heures de l’après-midi. A l’époque du décès, Arthur Le Beux avait quinze ans, son récit est plausible.
Ses descriptions apportent des renseignements intéressants qui doivent cependant être vérifiés. Par exemple pour le manoir de Kerambourg : ce manoir est au bourg de Trégunc au bord de l’ancienne route de Concarneau. C’est un long bâtiment, d’un très bel aspect. Il n’y a pas d’accolade aux ouvertures, les linteaux des portes et fenêtres sont droits. C’est pourtant une vieille maison qui a plus de deux cents ans d’existence. Devant la maison se trouvent une belle cour et le jardin qui en est séparé par une claire-voie et des piliers en granit. Cette maison est peut-être au moins du début du XVIIe et peut-être de la seconde moitié du XVIe siècle. Au bord Est, devant une cour, se trouvaient les écuries et les crèches, il y a de longues pièces qui ont dû servir de salles. Au-dessus se trouvait un grenier immense qui servit longtemps aux meuniers de Rosporden pour y loger leurs blés et en dessous se trouvait (illisible) une cave immense (illisible).
Il relate des faits parfois précieux pour les Amis du Patrimoine ; ainsi est paru dans Ouest-Éclair du 23 avril 1938 l’article suivant : le vendredi 22 avril vers 18 h, M. Corentin Daoudal, fermier de Kerouannec en Trégunc, et son employé Yves Barzic travaillaient dans un champ à quelques mètres de la ferme quand le soc de la charrue mit à jour un vase de terre cuite contenant 66 hachettes en bronze, le vase était épais et les dimensions respectables : 0,70 cm de large sur 0,25 de haut.
Il rapporte quelques anecdotes qu’il a vécues, ainsi la création du pardon des chevaux vers 1900 à Kerven par le recteur Canevet qui trouvait que l’ancien pardon n’attirait plus grand monde. La fontaine date de cette époque, le terrain appartenait à Youen Dagorn de Kerango, celui-ci qui fut jusque-là ennemi des prêtres non seulement acquiesça au désir de M. le Recteur mais il répondit : donnez-nous un plan, indiquez-nous le terrain que vous désirez et nous-mêmes vous ferons la fontaine à nos frais. Au premier pardon, il y eut 500 chevaux.
On trouve aussi dans les cahiers d’Arthur Le Beux des cartes postales anciennes comme celle du dolmen de Trégunc.

Pierre Moutel

Sources : Archives diocésaines de Quimper (les cahiers d’Arthur Le Beux)

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