samedi 14 janvier 2017

La seigneurie de Kerminaouët en Trégunc

La chapelle de Kerminaouët
A Kerminaouët, deux manoirs1 et le bâtiment actuel se sont succédés depuis le XVe siècle, on remarque encore aujourd'hui la chapelle, les écuries et le colombier du second manoir qui daterait du XVIIIe (d'après les continuateurs d'Ogée), ce dernier fut détruit à la toute fin du XIXe siècle pour laisser place à la bâtisse visible aujourd'hui.



Sont en gras les noms des propriétaires ou leurs conjoints apparaissant pour la première fois dans le texte, les extraits d'autres publications ou originaux sont en italique.
Le "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne" d'Ogée (Baptiste Ogée, ingénieur géographe français 1728-1789), répertorie neuf manoirs à Trégunc en 1420, Kerminaouët n'y apparaît pas, faut-il dès lors en conclure que la seigneurie ne fut créée qu'après cette date ? rien n'est moins sûr.
La réformation de 1426 nous apprend qu'Yvon le Louc'h est le seigneur de Kernevagoet2, qu'il possède également l'un des deux manoirs de Kersalaün en Trégunc ainsi que Kercongant, ancienne seigneurie de Nizon3. Le métayer d'Yvon le Louc'h à Kerminaouët était alors Guillaume Kergourou. Les le Louc'h apparaissent dans divers actes dès le milieu du XIVe siècle4.
La montre de l'évêché de Cornouaille de 1481, cite Guillaume le Louc'h, archer en brigandine a deux chevaux (la brigandine est une cuirasse légère). En 1512, un Jehan du Louc'h est sergent de la juridiction de Conq mais ce dernier n'est pas qualifié de seigneur de Kerminaouët5.
A la réformation de 1536, Yvon le Louc'h est seigneur de Kerminaouët et de Kersalaün, il apparaît aussi dans un aveu en 1543 et décède vers 1558 laissant pour seule héritière sa nièce Marie Penlan. La montre de l'évêché de Cornouaille de 1562 indique ceci : Charles Penlan6 (comparait) pour lui , garde pour sa fille dame de Kerminaouët.
Un aveu est rendu en 1567 par le seigneur de Kerminaouët Guyomar de Tréanna7, il est aussi seigneur de Poulhoas à Trégunc et du Kermeur8, aujourd'hui Guermeur en Nizon. La famille de Tréanna est une grande famille noble originaire dudit lieu à Elliant qui possédait de nombreux biens répartis dans toute la Cornouaille et le Léon.
D'après un autre aveu daté de 1568 : Guyomar de Tréanna faict la foy et hommaige au Roy pour et au nom de damoiselle Marie Penlan sa compaigne dame de Kermenaouet pour raison dudict lieu et manoir de Kermenaouet (...) à icelle escheu et advenu par trépas de feu noble homme Yvon le Louch son oncle maternel, décédé dix ans sont9, avant d'être marié à Marie Penlan, Guyomar de Tréanna l'avait été avec Jehanne de Benerven, d'où les seigneuries de Quenechcongar en Ergué-Gabéric et de Poulhoas en Trégunc.
Marie de Tréanna une des filles de Guyomar hérite de la seigneurie de Quenechcongar, Marguerite de Tréanna, hérite de Kerminaouët, Kermeur et Kermadoué elle est mariée à Yves de Kermellec seigneur du Val dans l'évêché du Léon (Guyomar a peut-être eu une troisième fille, Jeanne de Tréanna, mariée à Louis de Keratry, seigneur de Mesaller en Elliant et Croisongar en Trégunc).
Voici un extrait de la réformation de 1668 concernant la famille de Kermellec : Plus rapporte un cahier par la cour royale de Conq, Fouesnant et Rosporden, fait à requête de damoiselle Marguerite de Tréanna, dame de Kerminaouët par laquelle il conste que du temps des guerres civiles de cette province et pendant le vivant d'écuyer Yves Kermellec, les espagnols, au retour d'une attaque qu'ils avaient donné à la ville de Concarneau, mirent le feu dans la maison noble de Kermeur où ledit Yves Kermellec avait lors son domicile et incendièrent les meubles, actes, tiltres et garands, ladite enquête du 14 août 162910 , cet évènement que l'on peut dater d'autour les années 1590 (les espagnols mettent à sac la région de Concarneau et Rosporden en août 1594) fera de Kerminaouët la résidence principale des Kermellec, le Kermeur restera ruiné par la suite comme le stipule un aveu daté de 1753 soit plus de 150 ans après les faits : Le manoir et lieu noble de Guermeur consistant à présent en vieilles masures en ruines, des maisons incendiées pendant les troubles et guerres de la Ligue, avec les jardins, vergers, colombier, bois de haute futaie et de décoration etc...
Le 7 août 1617, Morice de Kermellec, fils unique héritier principal et noble d'autre écuyer Yves de Kermellec, se marie à Catherine Sallou, fille d'Yves Sallou et Constance du Bot, seigneur et dame du Toulgoat (St Yvi) et du Keroulin (Beuzec Conq). Dans un acte daté de 1636, Marguerite de Tréanna apparait encore, mais cette fois qualifiée de dame de Kermadoué (la dame de Kerminaouët étant maintenant sa belle-fille).
Le 27 janvier 1648 se marie Jan de Kermellec, fils ainé de Morice, conseiller du roi et son procureur en la juridiction royale de Quimperlé, autorisé de messire Maurice de Kermellec, seigneur de Kerminaoet, Kermeur, Penquelen mais aussi de Kermerrien (Moëlan), Penanlen (Nizon), Kervren, Kermadoué avec damoiselle Jacquette le Livec, fille puînée de Jan le Livec seigneur entre autres de Toulalan en Pluvigner. Un acte de donation daté de décembre 1649 nous apprend que Morice de Kermellec avait aussi deux filles dont Anne, dame de Kermerrien11 mariée à Hervé Goarlot et Marguerite, qualifiée de dame de Penquelen qui apparaît ensuite dans des actes en 1654 avec son époux Christophe de Corffmau seigneur de Kervern en Trégunc, elle est alors à son tour qualifiée de dame de Kermerrien. .
En 1653, Catherine Sallou apparaît dame douairière de Kerminaouët et demeurant en son manoir de Kermadaouez, Morice est donc décédé vers 1653, des actes concernant sa succession sont datés de 1654, Catherine Sallou quant à elle décède avant Jan de Kermellec décédé vers 1663.
La réformation de 1668 indique ceci:"dame Jacquette le Livec, dame de Kerminaouet, veuve de défunt Jan de Kermellec, (de son) vivant écuyer, sieur dudit lieu de Kerminaouet, mère et tutrice de Joseph-Louis et Ollivier de Kermellec, écuyers, demeurant à présent en la ville de Quimper , évêché de Cornouaille, et auparavant en ladite maison de Kerminaouet, en la paroisse de Trégunc, Joseph-Louis, aîné et héritier principal est décédé sans héritier avant 1673, année de l'aveu rendu par dame Jaquette le Livec, veuve de défunt écuyer Jan de Kermellec, vivant sieur de Kerminaouët, Kermadoué, le Kermeur et autres lieux, tutrice de l'enfant de leur mariage(...)
Cet aveu de 1673 nous donne toutes les possessions de la seigneurie à l'époque, elles sont concentrées principalement sur le territoire de Trégunc, c'est la maison de Trégunc qui détient le plus de terres dans cette paroisse et à Nizon elle possède la seigneurie de Kermeur et quelques terres à Melgven et Névez. L'aveu précise aussi que la seigneurie de Kerminaouët avait autrefois, droit de basse et moyenne justice exercées au bourg de Trégunc. Les prééminences et droits honorifiques déclarés dans cet aveu par Jacquette le Livec nous livrent la description des armoiries dépendantes de la seigneurie de Kerminaouët présentes dans l'ancienne église de Trégunc.
En avril 1678 sont célébrées à Saint-Sauveur, paroisse de Quimper, les noces d'Ollivier de Kermellec seigneur de Kerminaouët, Kermadoué, Kermeur, Kervren (en partie), le Porzou12, Kermerrien et autres lieux, avec Anne-Guillemette de Kersulgar, née en 1656, elle est la fille de François de Kersulgar et Marie Billouart, seigneur et dame de Mesanlez (Ergué Gabéric) et Kervéant (Elliant). De cet union naîtront au moins huit enfants. Anne-Guillemette décède en janvier 1689.
Ollivier de Kermellec rend aveu en 1681 pour la réformation des domaines : seigneur dudit lieu de Kerminaouët, Kermadoué, Kermeur, Kervren et autres lieux, résidant ordinairement en la paroisse de Trégunc (...)
Certains villages et manoirs appartenant à la seigneurie de Kerminaouët, étaient au fief de la seigneurie de Coat-Conq (Beuzec-Conq) qui appartenait autrefois aux barons du Pont-l'Abbé, les seigneurs de Kerminaouët devaient donc des chefrentes (rentes dues au seigneur suzerain) sur des terres de villages et de manoirs aux seigneurs de Coat-Conq, les villages concernés sont ceux de Kergourlaouen, le Rest, Trégonal, Kervec mais aussi le manoir de Kermadoué et la moitié de celui de Kersalaün13 (l'autre moitié au fief de Kergunus).
En 1700, Noël-Jean de Kermellec apparaît dans un acte de baptème, comme étant seigneur de Kerminaouët, Kervren, Mezanlez et autres lieux, né en 1682 et fils d'Ollivier, il se marie en juin 1702 à Saint-Sauveur paroisse de Quimper, avec Jeanne-Yvonne Dondel, Ollivier serait décédé cette année-là. Noël-Jean est aussi seigneur du Porzou , il est présent le 4 février 1704 au mariage de sa soeur Marie-Anne avec Florentin de Toulbodou dans la chapelle de Kerminaouët.
En 1716, la dame de Kerminaouët, Jeanne-Yvonne Dondel, est marraine d'une cloche de la chapelle Sainte-Elisabeth. Sa famille est originaire du Maine, son père, Charles Dondel est seigneur du Parc en Beuzec Conq, conseiller du roi, sénéchal au siège de Quimper, premier magistrat au présidial de Quimper, des Dondel possédaient aussi le manoir du Parc en Névez au XVIIe siècle.Le 25 mai 1723 Noël-Jean de Kermellec décède à Saint-Sauveur, il n'a pas eu d'enfant.
Quatre ans plus tard, en août 1727, à Bannalec, se marient Noël-Florentin de Toulbodou, (fils de Marie-Anne de Kermellec et Florentin de Toulbodou14, neveu de Noël-Jean de Kermellec et héritier de la seigneurie) et Renée-Auguste de Tinténiac, fille du marquis de Keymerc'h en Bannalec.
Le 20 février 1729 naît une fille à Noël-Florentin et Renée-Auguste mais elle décède le lendemain après avoir reçu le baptême dans la maison par la sage femme parce qu'elle était en danger de mort, cette même année, le manoir de la Villeneuve15 à Moëlan appartient à Jeanne-Yvonne Dondel, veuve de Kermellec (grand-mère de Noël-Florentin).
En 1731 un aveu est fourni au roi par messire Noël-Florentin de Toulbodou, chevalier, seigneur de Guidfos, Kerminaouët, Kermeur, Kermadoué, etc. pour des biens dans les paroisses de Plovan et Ergué Gabéric, à cette époque il possède aussi les moulins de Pont-Minaouët, Moulin-Mao et le Moulin-mer à Trégunc. Noël-Florentin décède à Kerminaouët le 26 décembre 1736, sa veuve décède en 1747 après s'être remariée.
Le 16 juin 1738, la soeur de Noël-Florentin, Marie-Jeanne de Toulbodou, (ou Jeanne-Françoise) qualifiée de dame de Guidfos et de Kerminaouët se marie à Plomeur avec François-Joseph de Derval, chevalier, seigneur de Kergos16 veuf d'un premier mariage depuis 1734, mais Marie-Jeanne meurt en mai 1741 après avoir donné naissance à des jumeaux : Joseph-Marie et Jeanne quelques semaines auparavant.
 En 1753, François-Joseph de Derval rend aveu de la seigneurie de Kerminaouët, on retrouve les possessions de Kerminaouët à Trégunc, Nizon, Melgven, Névez et Lanriec. Il faut, pour se rendre compte de l'importance des biens des seigneurs de Derval, aussi y ajouter les possessions des seigneuries de Guidfos et de Kergos. A cette époque la métairie de Kerminaouët est affermée à titre de simple ferme à Guillaume Furic et sa femme. François-Joseph décède en 1759. Son fils Joseph-Marie hérite.
Arthur le Beux a relevé ceci : en 1770 Messire Joseph-Marie comte de Derval, demeurant en son château de Kerminaouët, seigneur de Kermadoué, Kervren, Kermeur, Kergos, Keraoul, Mesanlez, Kervéant , Guidfos, Stangven16,Toulbodou etc... fait un contrat pour lui en privé, que pour Anne-Olive le Rouge de l'isle à propos de la tenue de Penanlen (en Nizon).
En mai 1773, le comte de Derval déclare vendre, céder (...)le village roturier dit Keranmarch (...) à Jean Loussouarn, laboureur demeurant à Kervarch. Joseph-Marie de Derval, fils de François-Joseph, est marié à Angélique-Jeanne Fleuriot de l'Angle, depuis 1764, ils ont cinq enfants, un garçon et quatre filles, elle meurt en 1779 et lui à l'âge d'environ quarante ans le 30 décembre 1780 à Kerminaouët.
La révolution passe, les héritiers se sont réfugiés en Angleterre, les biens ont été saisis, Kerminaouët ainsi que d'autres biens sont achetés par le notaire François Pennec le 5 mars 1794.
Joseph-Jean-Marie-Hyacinthe de Derval, fils de Joseph-Marie, né à Plomeur en décembre 1765 est fait prisonnier lors du débarquement des émigrés à Quiberon en juillet 1795, il aurait été fusillé à Vannes le 2 août 1795, à l'âge de 29 ans, l'acte de succession de 1804 situe pourtant le décès au 21 juillet 1795. Dès leur retour, les descendantes du comte, amnistiées, rachètent de nombreux biens. De fin octobre au début décembre 1802 sont rachetés respectivement Kermeur, Kerminaouët (le 10 novembre) ainsi que le Porzou et en mars et avril 1803 sont rachetés le manoir et moulin de Kervéant ainsi que Guifos.
Le 17 novembre 1804 est rédigé l'acte de succession de Joseph-Marie de Derval et de son fils : On observe que Jean-Marie de Derval, laissa lors de son décès, cinq enfants, savoir les quatre copartageantes et ledit Jean-Marie Hiacinthe de Derval, qu'à raison de leur minorité, la succession paternelle n'avait pas été partagée et les biens restés indivis, que par l'effet de leur inscription sur la liste des émigrés, tous les biens avaient été séquestrés les biens (rachetés compris) sont donc divisés en quatre entre Angélique-Jeanne de Derval, Angélique-Anne de Derval, Agathe-Marie-Josephe de Derval épouse de Louis-Augustin Aujobert de Martillat et leur soeur, Pauline-Jeanne-Marie de Derval, née en juillet 1768 à Plomeur, est mariée depuis août 1803 à Philippe-Balthazar de Bonnafos, militaire originaire d'Auvergne et blessé de guerre, qui devient maire de Trégunc sous la Restauration. En 1816 il apparaît comme propriétaire de Kerminaouët sur l'acte de décès de Joseph-Armand Aubert de Vincelles, possesseur de Penanrun. Ces possessions se situent sur les communes de Plomeur, Plouray, Saint-Tugdual (près de Plouray), Berrien, Elliant, Ergué-Gabéric, Melgven, Lanriec, Nizon, Névez et Trégunc
Pauline-Jeanne-Marie dame de Bonnafos hérite de Kerminaouët et d'une partie des autres possessions se trouvant sur la commune de Trégunc. L'autre partie des biens situés à Trégunc, ainsi que ceux situés à Nizon, dont le manoir de Guermeur, échoient à Angélique-Anne de Derval. Grâce à cet acte de succession, nous appréhendons mieux l'importance des biens possédés par cette famille juste avant la révolution malgré que ces derniers ne soient pas encore tous récupérés lors de la rédaction de l'acte (Kermadoué n'est racheté à Cymphorien Pennec, notaire à Melgven qu'en 1826) Pauline-Jeanne décède le 29 décembre 1806.

En 1825 Angélique-Marie de Bonnafos, née à Londres, fille de Philppe-Balthazar et Pauline-Jeanne de Derval, se marie à l'âge de vingt-quatre ans, avec Louis-Corentin-Marie de la Lande de Calan, fils du maire d'Elliant, officier de marine qui fut aussi aide de camp ministériel. En 1843 disparaît Philippe-Balthazar de Bonnafos, sa fille et Louis-Corentin de la Lande de Calan prennent possession de Kerminaouët. 
            


Les armes de la seigneurie de Kerminaouët


"D'azur à trois cygneaux d'argent becqués et membrés de gueules"
Ce sont les armes de la seigneurie et probablement celles de son fondateur (le Louc'h?), les aveux nous apprennent qu'elles étaient visibles dans l'ancienne église paroissiale de Trégunc à différents endroits, gravées (arcades, pierres tombales) ou en vitrail. On pouvait les voir dans la maîtresse-vitre juste au-dessous des armes de France et de Bretagne, cela signifie que la seigneurie de Kerminaouët était la plus riche en matière de possession sur le territoire de la paroisse de Trégunc. Autrefois présentes au milieu de la maîtresse-vitre de la chapelle Saint-André en Nizon (dépendante de la terre de Kermeur).
Cygneau écrit cignaud et cignard dans les aveux.

Les armes de la famille de Tréanna


"D'argent à la mâcle d'azur"
Ces armoiries étaient décrites, tout comme celles de Kerminaouët, dans des aveux de la seigneurie datés de 1673, 1680 et 1753, elles se trouvaient aussi dans l'ancienne église de Trégunc, sur et dans la chapelle Saint-André et l'église paroissiale à Nizon, dans l'ancienne chapelle Saint-Riou de Lanriec. De nombreux édifices portaient leurs armes un peu partout en Cornouaille mais aussi dans le Léon. Aujourd'hui encore, on peut les voir, gravées sur l'église de Lanriec (la seigneurie du Moros autrefois tenue par cette famille), et sur le clocher de l'église de Rosporden. L'aveu de 1753 précise que ces armes "sont les anciennes armes de ladite terre de Guermeur " Guyomar de Tréanna est seigneur de Kermeur à la fin du XVIe siècle mais rien n'indique qu'il agisse des armes originelles de cette seigneurie.

Les armes de la famille de Kermellec

"d'or à la fasce de gueules, accompagné de trois molettes d'éperon de même,
deux en chef, une en pointe"

Également visibles dans l'ancienne église, on ne les trouvait qu'une seule fois, en "mi-parti" avec une autre famille. (Aveux 1680 et 1753)


Sources et annotations
1. Le mot manoir a évolué dans le temps, au moyen-âge il signifiait seigneurie, domaine noble foncier, qui pouvait contenir quelques dizaines ou milliers d'hectares selon l'importance du domaine. A partir du XVIe siècle, "manoir" pouvait aussi qualifier une maison cossue généralement noble mais sans terre, moulin ni colombier.
2. Transcrit ainsi par Hervé Torchet (Réformation des feux de Bretagne,1426 Ed.La Perenne) ou "Kervenagoet" d'après Albert Deshayes (Dictionnaire topographique du Finistère, Coop Breizh) et "Kernevagat" dans une copie du XVIIIe visible à l'évêché. Ecrit par la suite "Kermeneouet".
3. Kergongant en 1426 : il y a colombier anciennement et y eu notable édifice et y a bois revenant (...) appartient plus tard aux mains des seigneurs de Keraret en Nizon.
4. Le Louch ou le Louc, proviendrait de Loc'h (marais) : "Les noms de famille et leur histoire" de Jean-Pierre Plourin et Pierre Hollocou. On trouve Olivier le Louc dans une montre de Pierre Angier en 1351, Pierre Louc dans une montre de Jehan du Juch reçue à Concq en 1379, Jehan le Louc prête serment à la dame de Rais en 1383 au château de Fouesnant, Henriette le Louc'h, veuve du seigneur du Roziou à Clohars-Carnoët en 1460, Jehan du Louc'h à Quimperlé en 1561.
5. Dans la demande d'autorisation de construction du Moulin-mer par le seigneur de Kervren, Christophe Goarlot (Ma Bro n09 p3 et le blog des amis du patrimoine)
6. Charles Penlan, seigneur de Croisongar et Kermadoué ? voir Kermadoué dans le blog "les amis du patrimoine"
7. en 1536, le manoir de Kermeur (écrit Kermeno, erreur de transcription que l'on retrouve pour Kermeur en Moëlan dans cette même copie de la réformation de 1536 datée du XVIIIe visible aux archives de l'évêché) appartient à Augustin Moro (Moreau), sénéchal de Quintin en 1543 procureur de Quimper-Corentin, seigneur de la Forêt en Loctudy, marié en 1529 à Marie l'Honoré (fille de Pierre et Catherine de Mesgouez) parents du chanoine Jean Moreau. Plus tard ce manoir appartient à François Moro, l'un de leur descendant. La réformation des domaines indique que ce manoir appartenait déjà en 1502 à la dame de Kerminaouët. La présence des armoiries des familles Moreau et l'Honoré dans l'ancienne église en compagnie de celles de Kerminaouët (aveux de 1673, 1680 et 1753) confirme le lien qui unit les deux seigneuries depuis au moins le début du XVIe siècle.
8. S'agit-il de ce Guyomar de Tréanna qui apparaît mineur dans le testament de son père, autre Guyomar sr de Kerguern en Dirinon décédé en 1535 et de sa troisième femme Françoise Quiniec ou Guiriec (A.D.F 72J1 transcrit par Jean-Luc Deuffic, site Noblesse Bretonne) Né vers 1520 au plus tôt, demi-frère puiné de Guillaume, héritier principal, sr de Kerguern. Un Guyomar de Tréanna apparaît dès 1556 et en 1561 à Quimperlé, il semble avoir déjà été marié à une De Kermorial (voir montre 1562 Querrien) avant d'épouser Jeanne de Bennerven (d.c.d avant 1567) d'où Quenechcongar et Poulhoas et enfin Marie Penlan. Etant puîné, il a vraisemblablement acquis ses principaux biens grâce à ses différents mariages, il a au moins deux filles : Marie et Marguerite (et aussi Jeanne?) et chacune héritera de biens. Il rend aveu pour Kermeur en 1573 (A.DL.A 1227) et décède après 1576 mais reste à savoir s'il s'agit du même Guyomar.
9. A.DL.A-2069
10. Cet épisode des guerres de la Ligue est aussi rappelé dans les aveux rendus pour Kerminaouët de 1680 et 1753.
11. Le manoir de Kermerrien, se trouvait près de l'actuel château de Plaçamen en Moëlan appartient au XVIe aux du Pou de Kermoguer, avant de passer aux Kermellec. Voir Moëlan en Cornouaille de G. Meuric-Philipon
12. En 1426, existait le manoir de Tréménan en Lanriec, aujourd'hui Kerancalvez près du Porzou et il appartenait à Louis Goarlot, seigneur de Poullanguez (Poulvez) en Moëlan et de Kerouriou en Trégunc. Il serait tentant de faire le lien entre ces deux lieux : Le manoir de Tréménan reconstruit quelques dizaines de mètres plus loin, prenant alors le nom du Porzou ? En 1536 le Porzou appartenait au descendant de Louis : Christophe Goarlot seigneur de Kervren. (Voir le manoir de Kervren, blog des amis du patrimoine) le manoir est ensuite resté aux mains des Goarlot jusqu'au second tiers du XVIIe siècle et lors de la réformation des domaines (1678-1684) à Jacquette le Livec douairière de Kerminaouët mais n'apparait pourtant pas dans les aveux de Kerminaouët.
13. Ceci est visible dans l'aveu rendu par François-Hyacinthe de Penfeuntenio, chevalier, seigneur de Cheffontaines et de Coatconq, pour la réformation des domaines en 1680.
14. Florentin de Toulbodou, retrouvé noyé dans un étang dans son domaine de Guidfos à Plouray le 1er septembre 1725. Marié une première fois en 1695, il serait le fils de René de Toulbodou et de Claude Carrion.
15. La Villeneuve en Moëlan appartenait autrefois aux seigneurs du Hénant puis par alliance aux de Guer de la Porte-Neuve, Marie de Guer, mariée à François Sallou, sr du Toulgoat (St Yvi) d'où Jeanne Sallou dame douairière de Kerouant mariée à Guy de Kerviher ( fils de Pierre et de Marie Toulalan), parents de Marie-Françoise de Kerviher dame de Kerouant mariée à Charles Dondel seigneur du Parc (Beuzec-Conq), en novembre 1680, neuf enfants sont nés de cet union dont Jeanne-Yvonne Dondel.
16. Kergos en Plomeur, ce manoir du XVe et XVIe toujours visible au Guilvinec autrefois trêve de Plomeur.
17. Stangven en Plouray, manoir appartenant à la seigneurie de guidfos.

Les notes d'Arthur le Beux, bibliothèque de l'évêché.
Les notes de Georges Monot, archives départementales.
La réformation de la noblesse de la province de Bretagne, 1668-1670 Famille de Kermellec.
La réformation des domaines, 1678-1684, site Généanet.
Remerciements à Pierre Moutel pour sa participation active et à Philippe Revert pour ses documents.     

Pascal Daniélou


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