lundi 27 février 2017

La Route Royale devient Route Nationale

 
La Révolution va devoir changer les noms qui rappellent l'ordre ancien. Finie la Route Royale, on va passer à la Route Nationale de Quimperlé à Concarneau qui portera plus tard le numéro 783.


Le développement de la région concarnoise, dû à l'explosion de la pêche à la sardine au cours du XIXe siècle, va conduire à la fois à desservir la région depuis Paris par la voie ferrée et à améliorer le réseau routier pour faciliter la circulation des hommes et des marchandises entre les gares du chemin de fer et à l’intérieur de la région entre les localités non desservies. La route de Quimperlé à Concarneau, via Riec-sur-Belon, Pont-Aven et Trégunc, va devoir faire l’objet de travaux importants : élargissement des routes, rectification des tracés, construction de ponts, empierrement, etc.



Une voie à grande circulation

La Vieille Route de Concarneau dans notre bourg, trop étroite, ne permet même pas le croisement des véhicules hippomobiles, il est impératif que la traversée de l’agglomération soit dotée d'une voie à grande circulation la plus directe possible pour ménager l’avenir. La solution ne peut être que la traversée du bourg à partir de la place de l’église en acquérant à l’amiable ou par expropriation les terrains jusqu’au Minaouët. Il se trouve que l’on a surtout affaire à un seul propriétaire, le maire et notaire Prouhet, et un peu au comte de Calan en haut du bourg. Je suppose que les archives de la commune ont rendu compte des négociations qui n’ont pas dû poser de gros problèmes.

 C’est dans la première moitié du XIXe siècle, vers 1840, que va être percée la Route de Concarneau. Partant de la place de l’église, elle va descendre jusqu’à Kersaux où elle retrouvera la Vieille Route conservée en l’état, on va l'appeler la Grand-Route. La nouvelle voie est de bonnes dimensions, onze mètres de large pour la circulation et du dégagement de chaque côté pour les piétons, les caniveaux et les trottoirs. En fait, les propriétaires de son emprise vont réaliser une bonne affaire car les terrains adjacents vont prendre de la valeur, tant il est évident que le bourg va s’agrandir grâce à la nouvelle route.

Le premier à bénéficier de la possibilité de construction sera un membre de la famille de Bonnafos de Calan qui possède le manoir dit de Kerambourg et le terrain adjacent en plein bourg. C’est elle qui fera construire les belles maisons pour l’époque que les deux frères Cariou, mon grand-père Corentin et mon vieil oncle Jos, lui achèteront pour s’établir, l’aîné comme boucher et le cadet comme boulanger débitant en plein centre bourg. Pour éviter que les plus aisés ne monopolisent les terrains au bord de la route, les municipalités républicaines de Quentel et Carduner en préempteront quelques-uns, les moins chers, au bas de la route. Cela permettra grâce à la loi Loucheur de construire des petites maisons bon marché qui seront cédées à des familles de marins-pêcheurs.

Yves Cariou
 


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